La fête de la honte
Pleure, ô pays bien aimé
Khalil Gibran, poète, écrivain libanais chrétien maronite m’a fait aimer le Liban, que ce soit avec « le prophète » « les ailes brisées » ou « Jésus, fils de l’homme.
Des militaires libanais chrétiens connus il y a vingt ans, à Paris, apatrides, m’ont raconté leur combat et m’ont fait aimer le Liban.
Il y a vingt ans, l’école dans laquelle allait ma fille en correspondance avec une école chrétienne du Liban et pour laquelle nos enfants faisaient des dessins et collectaient crayons et livres car démunie de tout, m’a fait aimer le Liban.
Une Libanaise qui a croisé ma vie et qui avait grandi sous les bombes et ne savait que ce que « rire » voulait dire m’a fait aimer le Liban.
Ma vie a été jalonnée de rencontres avec ces gens merveilleux que sont les Libanais chrétiens, leur douceur, leur gentillesse, leur générosité et leur amour de la vie et des autres.
Mais depuis hier.. depuis hier, je pleure pour tous ces Libanais qui ont à jamais perdu leur pays, leurs racines car : « Hier soir dans le quartier chiite de Beyrouth, les cinq prisonniers libérés ont été accueillis en héros, dont Samir Kantar, emprisonné en Israël depuis 1979 pour un triple meurtre, dont une enfant de quatre ans qu’il a assassiné en lui fracassant la tête à coup de pierre ! » Ce ne sont pas les Libanais que nous connaissions, ce n’est pas le Liban que nous aimions. Ce peuple est retourné à l’état sauvage, barbare, primitif. Le Liban n’est plus habité par les Libanais mais par des animaux odieusement cruels, sans pitié, sans compassion. Des gens venus d’ailleurs, des gens qui vivent encore comme au Moyen-Âge, ils ne sont pas civilisés, ils fêtent en héros l’assassin, le tortionnaire d’une petite fille de 4 ans qui avait le seul tort d’être juive ! Plus jamais ça ! avait –on dit il y a 60 ans, ce qui se passe aujourd’hui est pire encore ! Je ne suis pas pro-juive, mais je suis contre la guerre, contre la barbarie, contre ceux qui ont volé le Liban à ceux qui les avaient accueillis !
J’ai longtemps rêvé de voir un jour le Mont Liban et ses légendaires cèdres bleus, je quitterai ce monde sans les voir, je ne peux pas aller dans un pays d’assassins d’enfants
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