Beethoven Ludwig van
1770-1827
En 1770, année de naissance de Beethoven, Wolfgang Amadeus Mozart avait quatorze ans et cet enfant prodige, unique dans toute l’histoire de la musique, entait dans sa période de maturité créative, Joseph Haydn avait trente ans et vivait retiré dans le château des princes Esterhazy. Il dirigeait l’orchestre privé du prince, faisait répéter ses opéras et devait surtout fournir de nouvelles compositions pour le plaisir des Esterhazy.
Mozart, qui mourut en 1791, n’eut l’occasion de rencontrer Beethoven qu’une seule fois. En revanche, Haydn, qui vécut jusqu’en 1809, eut le temps de donner quelques leçons au jeune Beethoven, installé à Vienne en 1792, après avoir quitté Bonn, sa ville natale de Rhénanie ? les premières compositions de Beethoven, comme les trios op. 1 et les deux premières symphonies ne manquèrent pas de le surprendre.
Le public viennois, passionné de musique, sur reconnaître en Haydn et en Mozart les deux grands maîtres qui avaient porté à la perfection des formes musicales aussi diverses que la symphonie, le quatuor, le concerto pour piano et orchestre, l’oratorio et l’opéra. Le jugement des Viennois a été confirmé par l’histoire. Les œuvres de Haydn et de Mozart figurent en effet au sommet de la période classique.
Déjà en 1802, presque dix ans après que Beethoven se fut installé dans la capitale des Habsbourg, tous étaient convaincus que cet étrange personnage provincial, métamorphosé en protagoniste excentrique de la vie musicale viennoise, avait hérité de ses deux illustres prédécesseurs et préparait de profondes transformations. En fait, peu de ses contemporains réussirent à comprendre le cheminement de sa musique au cours des vingt-cinq années qui allaient suivre et encore moins nombreux furent ceux qui se rendirent compte de l’importance que les compositions de Beethoven prendraient au cours des cent cinquante années suivantes. Les dernières œuvres du maître, celles composées entre 1815 et 1826, restèrent incompréhensibles,même pour ses plus fidèles interprètes, qui pourtant aimaient et respectaient en lui le plus grand compositeur vivant.
La surdité qui affectait Beethoven depuis sa jeunesse et qu’il avait réussit à cacher pendant une longue période, devint totale et donna l’impression que son itinéraire musical s’était réfugié dans des lieux inaccessibles. L’histoire lui a finalement rendu justice quand, au cours de notre siècle, la recherche de nouveaux langages musicaux a révélé toute l’actualité de ses compositions et décelé leur authentique essence. Quelques œuvres, plus accessibles, ont par contre exercé leur influence au XIXe siècle et jeté les bases d’une musique européenne.
Quand il mourut, le 26 mars 1827, 30 000 personnes assistèrent à ses funérailles. Vienne rendit donc à Beethoven le dernier hommage qu’elle avait refusé à Mozart, abandonné dans une fosse commune.
Beethoven a radicalement modernisé la musique ; les compositeurs des différentes périodes qui ont suivi lui en sont redevables. Il est aussi opportun de rappeler que, au-delà de cette évolution du classicisme musical, Beethoven s’est aussi employé à modifier l’image et les devoirs du musicien par rapport à la société et à la culture de son temps. Il est donc utile de brosser un rapide portrait des compositeurs qui l’ont précédé et du milieu dans lequel ils travaillaient.