le bon temps du matriarcat
Le sang a toujours été considéré comme le véhicule de la vie. Perdre son sang c’est perdre la vie. En revanche, une jeune fille devient capable d’enfanter lorsqu’elle perd du sang. Les hommes préhistoriques ignoraient le rôle du sperme dans la procréation. Ils pensaient que la femme donnait la vie parce qu’elle perdait son sang. C’est pourquoi de nombreuses sociétés très anciennes étaient matriarcales : la femme gouvernait et les forces de la nature étaient figurées par des déesses. Lorsque les hommes s’aperçurent qu’ils participaient à la procréation, ce qui arriva il y a 4.000 à 6.000 ans, selon les endroits, ils prirent de l’assurance et établirent une société patriarcale.
Les plus anciens rituels initiatiques connus datent de l’époque matriarcale : les hommes, pour s’approprier symboliquement le pouvoir de crée la vie, pratiquaient sur eux-mêmes une sub-incision sur leur organe génital.(1)
Le fait de saigner à la manière d’une femme conférait du prestige
1 : cf : Bruno Bettelheim. Les blessures symboliques –N.R.F. Paris 1980
extrait de : ABC des couleurs de Daniel Beresniak